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  :: BORDEL N°12 :: LE GRAND BORDEL DE CANNES ::
   
 
 

Extrait "L'Impossible Cannes" - avril 2010

"Aurore  se rongeait les sangs : ne pouvoir participer au prochain Festival de Cannes lui apparaissait être comme une mort avant l’heure, une espérance avortée qui lui coupait la vie sous le pied. Il faudra pourtant bien s’y résoudre, l’entreprise ne serait pas sérieuse, le budget à investir mettrait à plat tous ses projets de vacances d’été. Certes, une fois dans l’année, Cannes ressemble à une parenthèse enchantée où l’insouciance flirte avec les strass et l’euphorie avec ce besoin d’en être, comme un sparadrap sur une jambe de bois. Une illusion superficielle, en toute connaissance de cause, mais qui distille le parfum du tout possible à l’instar de certaines drogues euphorisantes se révélant malgré tout bien désolantes au réveil. D’où le hic… Le raisonnable devait l’emporter sur le futile. Non que le cinéma soit futile, mais le Festival supposé le couronner chaque année relève plus de la mascarade que du sacrement. Une sorte de cirque protocolaire qui, à la manière de Barnum, crée l’illusion du miraculeux là où seuls des humains comme les autres se servent du septième Art afin de paraître « immortels ». Oui, Cannes et son Festival s’apparentent bel et bien à une foire où la suffisance s’empare des marches face à la plèbe conquise, en troupeau derrière des barrières de fer, où la maréchaussée parade comme un 14 juillet tandis qu’une armée de freaks se débat pour un improbable instant de gloire le long des remblais."

 
 
 
 
 
   
 

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